Vendredi 12 juin 2009

                                                           
             
      

 
 
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                                                                                     PREAMBULE

Sur le ton de la confidence, avec une totale liberté d'esprit, je livre ici la vie d'une entreprise telle que vécue par trois générations de la famille BANCHEREAU, de 1943 à 1985.
Au fil de leurs écrits et de leurs lectures, de leurs échanges, une vraie petite histoire est née.

J'ai éliminé mes propres questions et points de vue pour ne garder que ceux de la vraie histoire d'AIR-EQUIPEMENT BLOIS, comme elle m'a été racontée, comme elle a été lue, comme elle a été vécue.
Sur les derniers ragots qui se passaient dans l'entreprise, on en apprenait parfois d'ailleurs bien plus chez la boulangère du quartier que dans l'entreprise elle-même !.

Ainsi conçu, ce Blog dédié à AIR-EQUIPEMENT BLOIS, n'est ni un traité, ni un témoignage des huit cent cinquante personnes qui y ont travaillé, mais se présente simplement comme une suite de brèves informations sur la vie vécue par les trois générations successives de ma famille, avec le sens inné du souvenir.
Ce Site aborde aussi bien des points fondamentaux sur les débuts de l'entreprise que de sujets de brûlantes actualités alors traversées à AIR-EQUIPEMENT BLOIS.

Aux antipodes de toute langue de bois, ces notes et souvenirs constituent, je crois, l'essentiel de ce que fut le symbole de cette entreprise, que mon grand-père René, mon père Pierre, mon oncle Jean (avec son épouse Muguette) et moi-même, avons vécu, comme des centaines d'autres collègues, tantôt dans une ambiance euphorique mais inquiète au moment de la création de l'entreprise en période de guerre, tantôt dans une ambiance de révolte dans la permanence du mal-être dû par de bas calculs politiques et économiques, et à la fin, dans une ambiance brisée par la certitude de la cessation de l'existence de l'entreprise.

AIR-EQUIPEMENT BLOIS est sûrement ancré dans le cœur de ceux qui y ont travaillé de longues années, mais l'entreprise a été trop vite oubliée avant même que ses bâtiments aient été complètement détruits.
Jusque là, quelques "anciens" de l'entreprise se sont détournés de la nécessité de garder cette mémoire en renonçant à la communication informative moderne qu'est Internet. Dommage.

Mais qu'importe. "il n'est jamais trop tard pour bien faire" comme dit le proverbe. Je prends donc l'initiative de créer ce blog parce que je sais que l'existence d'Air-Equipement reste méconnue par les plus jeunes de la population de la ville de Blois, et les informations ici données prouveront à nos générations futures qu'AIR-EQUIPEMENT a bel et bien existé !...

Par ce Blog qui se veut maître du souvenir du patrimoine industriel que fut AIR-EQUIPEMENT, je montre que je ne suis pas indifférent à la perpétuation du souvenir et d'aller dans l'au-delà par ce moyen moderne de communication de référence, de faire découvrir et faire apprécier ce que fut ce fleuron industriel du blaisois.
                                  
Amis visiteurs, je vous laisse découvrir ou redécouvrir la vie de cette entreprise par le temps traversé par les trois générations de la Famille BANCHEREAU, fières d'avoir œuvré, comme tous ses anciens collègues, à AIR-EQUIPEMENT, par une vie de travail empreinte tour à tour de courage, de joie de vivre, d'évènements difficiles, d'éclairs de colère, de déceptions, et encore aujourd'hui une famille remplie d'émotion et de souvenirs, d'une vie qui, désormais, pour les uns et les autres, continue ailleurs...

                                                                        Gérard BANCHEREAU
                                                                                                      3ème génération à Air-Equipement

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                                                                            - SOMMAIRE -          

                         Chapitre  1: Air-Equipement: souvenir d'un symbole  
                         Chapitre  2:
Charles Waseige, Fondateur d'Air-Equipement   
                         Chapitre  3Naissance d'une Société
(1934-1939)
                         Chapitre  4: Développement d'une Société
en période de guerre 
                                                                              
(1939-1945) 
                         Chapitre  5:
Les premiers conflits (1959)
                         Chapitre  6: L'enchaînement de Mai 1968  
                         Chapitre  7:
La chute (1969-1991)
                         Chapitre  8:
Le clap final
                         Chapitre  9: Souvenons-nous 
                         Chapitre 10:
"Bye-Bye" Air-Equipement 


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             I 
               AIR-EQUIPEMENT BLOIS
                      
Souvenir d'un symbole 
  

                               
  
                       
le bâtiment directorial, orné de deux emblèmes aux ailes prometteuses... 


Dans le Département de Loir et Cher, avec la Chocolaterie Poulain,  Air-Equipement était le fleuron industriel départemental.  
Air-Equipement fut incontestablement un facteur de progrès industriel grâce à la qualification réelle du personnel sur des processus de fabrication notable: des servocommandes de "Caravelle" au vérin de basculement du nez du "Concorde", le travail quotidien de l'atelier aéronautique concernera également les "Airbus A300B", le  "Mercure", le "Breguet 1150", le "Nord.262", le "Transall C160", les hélicoptères "Alouette" et "Super-Frêlon".   
                                                             
                                             Air-Equipement fabriquait le vérin du basculement du nez du Concorde

La fabrication de ces pièces « d'horlogerie  » a été menée à bien dans l'usine de Blois car tout le monde s'y mettait, des ouvriers au grand patron, directeur presque surnommé affectueusement "le père Combet".
Les travailleurs d'Air-Equipement-Blois avaient conscience, doublée de légitime fierté,  d'œuvrer, d'une certaine manière, à la conquête de l'espace !.

Beaucoup d'entreprises françaises étaient presque jalouses du prestige d'Air-Equipement dans le domaine aérospatial, autant que de sa réputation mondiale.
Beaucoup probablement dans le milieu, aurait aimé être capable de se livrer à l'espionnage économique et scientifique, pour savoir ce qui se passait à Air-Equipement...

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II
                   
Charles WASEIGE
                                  Le Fondateur d'Air-Equipement
                      
                   
Charles Waseige (1884-1943) était un pionnier
                                                                           de l'automobile et de l'aviation


De toutes les forces qui participèrent à la lutte aux évènements historiques de la première guerre mondiale, et étant née peu de temps avant le début des hostilités, l’aviation militaire était la moins importante puisque le haut commandement ne l’a considérée que comme arme secondaire.

La Firme Farman, constructeur d’avions, se lance dans la réalisation de moteurs d’avion et sous la direction  du jeune et excellent Charles Waseige, directeur technique de 1922 à 1937 et ayant auparavant travaillé chez Lorraine-Dietrich, les moteurs de guerre sont améliorés. Dans les années 1930, Farman est devenu un fabricant de moteurs d’exception, hors de prix.                                     

                                                                                                             

                                                                                                      La firme Farman, constructeur d'avions


Sous l’impulsion de Mr.Waseige, les ingénieurs de l’Air de toutes disciplines éprouvèrent le besoin impératif de se rencontrer pour échanger leurs idées, faire progresser leurs techniques respectives et créer des appareils adaptés au combat.
 

L’entreprise Farman assure également la production d’automobiles. Les moteurs qui feront la vedette seront le V12 Panhard-Levassor de 500ch suralimenté, et un V16 de 500ch de chez Peugeot. Néanmoins l’activité automobile cessera en 1932.

La Firme est également la première en France à démarrer une production de compresseurs remarquables, mis au point à partir de 1924 par les ingénieurs Waseige, Becq, Ihler et Anxionnaz, matériels acquis par de nombreux pays.

Charles Waseige, avec son équipe, s’entêtera jusqu’aux nationalisations de l’industrie aéronautique en 1933, à affiner encore ses belles mécaniques avant de quitter l’entreprise juste après.

Charles Faroux, Président de la Société des Ingénieurs de l'Automobile écrivit:
« C’est Waseige qui fut le grand pionnier de la suralimentation des moteurs d’aviation par compression étagée ; sa renommée dans l’aéronautique atteignit un tel niveau qu’il fut chargé de mission au Japon où il fut le véritable créateur de l’industrie aérienne. »

                                                                                                          
                                                                                             Une rue de Blois porte le nom du Fondateur d’Air-Equipement


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                                                                          III 
                                             NAISSANCE D'UNE SOCIETE
                                         (1934-1939) 


Ingénieur parisien, titulaire de nombreux brevets innovants, Charles Waseige, né le 24 Juillet 1884, avait racheté en 1934, dès son retour en France, une petite entreprise de mécanique "Paul Viet" située avenue Edouard Vaillant à Boulogne-Billancourt, entreprise spécialisée dans les lanceurs à air comprimé pour moteur d’avion.

En 1927, un jeune tourneur de chez Renault s’embauche dans cette entreprise : il s’appelle Léopold Combet, le futur directeur de l’usine Air-Equipement de Blois.

Trois ans plus tard, Léopold Combet fut appelé au service militaire à l’Armée de l’Air à Reims en qualité de mécanicien.

Paul Viet avait été pilote de "Dedion-Bouton" et avait construit des moteurs de cette marque.

Par son acte d’achat en 1934, Charles Waseige, qui vient de fonder Air-Equipement, enrichit ainsi sa nouvelle entreprise des brevets "Paul Viet" et crée les trains d’atterrissage à relevage électrique, de nouveaux compresseurs et pompes à huile, des démarreurs à inertie, des bancs d’essai pour moteurs d’avions.
Charles Waseige prend comme associés directs des hommes de valeur, tels, -entre autres- , Eugène Renaud, l’un des meilleurs pilotes de son époque qui fut le premier à réussir un atterrissage sur le Puy-de-Dôme, et René Lacoste, fils d’un pionnier de la mécanique et prestigieux joueur de tennis des années 1930 et aussi créateur des chemisettes qui ont fait faire à leur crocodile le tour de la planète. 

Charles Waseige s’entoure de quelques jeunes ingénieurs qui travaillaient ferme avec le patron à la création et à l’amélioration des Brevets qui feront la renommée mondiale d’Air-Equipement.
En 1936, Air-Equipement exploite, entre autres choses, les brevets Lucas et Rotax, le démarreur à inertie. Le démarreur Bendix est exécuté sous licence.

Rapidement les affaires prospèrent, les commandes affluent et une extension devenait nécessaire.
Charles Waseige s’est mis à chercher un site en province en raison des menaces de guerre qui incitaient à disperser les entreprises liées à la défense. Cette précaution allait d’ailleurs s’avérer justifiée puisque l’atelier de Boulogne-Billancourt fut bombardé quelques années plus tard avant d’être recréé à Asnières.

Ce n'est pas très loin du siège social parisien, à l’ouest de Blois, qu'il fixera finalement son choix pour son futur établissement, le long de la route de Chateaurenault, à quelques dizaines de mètres du carrefour Médicis.
Les dix-huit mois qui courent du début 1939 à Juin 1940 vont être bien employés, puisque la construction des usines de Blois sera pratiquement terminée. 

                                                    
                                                            le bâtiment est construit près du carrefour Médicis 

Une bonne partie des salariés de l’entreprise Viet se retrouvera à l’usine Air-Equipement de Blois, tels, entre autres, Dubuis, Combet, Henocque, Holleville, Fallouey, etc.
    
Maurice Dubuis, l’un des associés et ami de Charles Waseige, a, peu après, fondé une autre société blésoise, plus modeste mais très dynamique, "la mécanique Dubuis". 

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                                                                         IV 
                               DEVELOPPEMENT D'UNE SOCIETE
                      EN PERIODE DE GUERRE

                                                                                  (1939-1945)  

 

En 1939-1940, tout ouvrier mécanicien, serrurier, fraiseur, tourneur ou sachant pousser une lime, fut littéralement happé par l’embauche d’Air-Equipement Blois.

Charles Waseige décide dans le même temps la création immédiate d’une école professionnelle dans l’enceinte de l’entreprise, avec un cycle théorique et pratique de 3 ans sanctionné par un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) d’ajusteur, fraiseur ou tourneur.

En 1940, les œuvres sociales d’entreprise, les cantines, n’existaient pas à Blois et dans la région. Ce fut une création d’Air-Equipement, insufflant ainsi un "esprit social nouveau" dans le département de Loir et Cher. Dans le même temps, Charles Waseige a le projet de construire des logements modernes, afin de fixer dans la ville la main d'œuvre qualifiée.

A cette époque-là, l’usine, qui était dirigée par Georges Garnier, un provincial d’origine et qui fait confiance aux ruraux, est prête à produire sérieusement et en grande série une aviation moderne, mais l’usine est prête quelques années trop tard...

Elle commençait à peine en balbutiant à produire ses tous premiers équipements aéronautiques, quand au mois de Mai 1940, les Hitlériens envahissent notre pays et mirent en pièces notre coq gaulois.


Dès le 15 Juin 1940, sous les premières bombes, le personnel commençait à évacuer, seuls des irréductibles restaient dans les ateliers.

Charles Waseige, directeur d'Air-Equipement, est bien entendu contraint de mettre son entreprise blésoise au service des Allemands dans cette ville désormais en zone occupée.
L’usine risquait d’être bombardée, mais c’était bien mal connaître les envahisseurs du pays qui préféraient s’emparer à bon compte, d’un matériel moderne, intact, et finalement très utile pour eux, pour leurs efforts de guerre.

Les allemands visitèrent l’usine et tombèrent en arrêt (pour ne pas dire en admiration) devant les machines-outils américaines aux noms prestigieux, telles les "Cincinatti" et "Milwaukee".

Après des pourparlers avec Charles Waseige et Georges Garnier, le directeur, l’usine ne sera pas démantelée, mais les techniciens militaires allemands venus sur place exigent que l’usine travaille pour la Luftwaffe.

Le 11 Novembre 1943, une grève dirigée contre l'Occupant rassemble plus de 200 ouvriers qui brandissent le drapeau français et chantent l'hymne national français dans les ateliers !...
 

Toute fabrication française étant devenue interdite, ainsi donc, dès les premiers jours de l’occupation, l’usine fut mise en demeure de produire pour les allemands.

Il faut dire que les pilotes allemands, malgré le manque de carburant, volaient trois fois plus que leurs homologues ennemis et n’avaient comme perspective que survivre à la guerre en combattant sans relâche. Les avions étaient donc mis à rudes épreuves.

Les pilotes allemands n’étaient donc pas intrinsèquement plus forts que les autres, mais cette situation explique que ce sont les circonstances et leur « logique de guerre » -sans parler des inepties des dirigeants nazis, dont Hitler, quant à l’usage de la Luftwaffe qui changeait tous les jours -, qui permirent à certains d’entre eux d’atteindre de telles statistiques d’heures de vols.

Mais les pertes de la guerre furent énormes : 116.584 appareils de la Luftwaffe, pour, à titre de comparaison : "moins" de 45.000 au total pour les américains.
A la fin de la guerre (sur tous les fronts), la Luftwaffe ne comptait plus qu’environ 3330 appareils de combat en état de vol le 9 Avril 1945 contre 4566 à la mi-janvier.

La plupart des jeunes pilotes mouraient dès leurs premiers vols de combat.

En Allemagne, il faut préciser que le matériel n’était plus fabriqué à la fin de la guerre que comme "consommable", et la réparation ou la révision (on n’employait pas encore le terme de maintenance) se faisait à la va-vite avec un potentiel d’une dizaine d’heures seulement et par exemple des soudures directes !

                                                        
                                        BLOIS (41) : le rond-point de la Résistance et la rue Denis Papin bombardés

Le premier bâtiment construit, l’usine "A" sera équipée en moyens modernes et fabriquera des tubes amortisseurs pour les trains d’atterrissage pour des petits avions d’observation de la Luftwaffe appelés des "Fiessler-Storch", et des roues en magnésium avec les mâchoires de freinage et des relais d’accessoires.                                                              
                                  
Deux contrôleurs allemands sont placés dans l’usine pour s’assurer que les conventions soient bien respectées, mais ces deux allemands, qui étaient chargés de contrôler le bureau d'études, n'y connaissaient absolument rien et lorsqu'ils avaient des données de contrôle à vérifier, ils faisaient appel au chef du bureau d'études français!.  Ces deux officiers planqués déserteront en août 1944, en se carapatant à Paris prendre des ordres à la Kommandantur...

                                          

                                           L’usine "A" est située à l’arrière du bâtiment administratif

C’est dans ce contexte que naquit au sein de l’usine Air-Equipement de Blois un actif foyer de Résistance animé par André Maillet.  

Pendant la guerre, les ouvriers bénéficiaient de denrées produites dans une ferme de Champigny-en Beauce. Noyau de résistance qui comptait jusqu'à quatre-vingt personnes et qui devait jouer un rôle majeur dans les combats de la libération de BLOIS.
Malheureusement, quatorze de ses membres ont été fusillés, déportés ou tués au combat (voir chapitre 9 "Souvenons-nous").
Ces épisodes troublés et l'action des militants blésois, expliquent qu'Air-Equipement ait toujours été à la pointe du combat ouvrier.

 

                                                     
                                              l’usine "B" longeant la route de Chateaurenault, en haut de la petite côte.


Le deuxième bâtiment, l’usine "B" construite dans la foulée, n’était pas encore ouvert à la production, mais servait provisoirement au stockage des machines et matériels récupérés de l’usine-mère de Bois-Colombes, bombardée par les alliés.

Au Noël 1942, tout le personnel fut invité dans le hall de l’usine "B" pour le repas de la grande famille, réveillon présidé par Charles Waseige, où rien ne manquait à la fête !

Charles Waseige décéda d’une mort brutale le 30 Avril 1943 au terme d’une courte crise d’urémie. Il ne survécut finalement que huit années à Air-Equipement qu’il a créée. Le cortège funéraire traversa toute la ville et se dirigea jusqu’au cimetière de Blois où Charles Waseige fut inhumé lors d’une cérémonie civile au milieu d’une grande affluence où se trouvaient en grand nombre les salariés d’Air-Equipement.

Léopold Combet, jusque-là chef d’atelier de l’usine de Blois, en devint le directeur en 1944, et gardera cette fonction pendant 27 années, jusque fin 1971.

 

En Loir et Cher, comme partout en France, le Maquis n’avait pas cessé d’accroître son action depuis le printemps qui chaque jour, devint plus constante. Les sabotages se multipliaient, les accrochages plus ou moins meurtriers, avec les occupants, mais aussi des exécutions sommaires, par ces derniers, des Résistants qu’ils arrêtaient.

A Blois, la nuit du 20 au 21 Mai 1944 avait connu la réussite d’un gros sabotage à l’usine Bronzavia, rue du Pressoir-Blanc, ainsi que l’échec d’une opération analogue à Air-Equipement. Nombreux sont les ouvriers d'Air-Equipement qui, dans leurs ateliers, ont volontairement saboté la production des pièces de train d'atterissage pour freiner la fabrication quelques temps. Belles preuves de résistance...  

Trois mois plus tard, dans la soirée du 12 Août, une patrouille américaine venant d’Herbault poussa jusqu’au quartier des Allées à travers la forêt domaniale de Blois, mais elle fut bientôt chassée par le tir des batteries allemandes en position à Blois-Vienne, et sa présence avait amené des maquisards à se découvrir pour attaquer un poste allemand placé route de Chateaurenault, au niveau d’Air-Equipement.

 

                    Libération du 8 Septembre 1944    
 

Il aura fallu attendre le premier jour de Septembre 1944 pour que la ville de Blois soit libérée de l’occupation allemande. 

                      
                              234o m³ de béton, 1ooo m³ de pierre de taille ont été nécessaires
 
                       à la reconstruction du pont. L’ouvrage fut inauguré le 12 décembre 1948

 

La ville de Blois a payé un lourd tribut à la guerre et à l’occupation : 230 personnes tuées ou blessées, 103 sont déportées ou internées, 1522 immeubles détruits, 3661 familles sinistrées.  
Dès Septembre 1944, le 4èmeRégiment d'Infanterie de l'Armée de l'Air sera constitué autour du Colonel Vaslin de la Vaissière à la Caserne Maurice de Saxe de Blois et au Quartier Rochambeau de Vendôme. 


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                                                                                                   V
                         LES PREMIERS CONFLITS

 

Lancé avec 400 salariés, l’établissement blésois en a compté jusqu’à plus de 850 dans les années 1960 et 500 d’entre eux étaient syndiqués !

Dotée de puissants syndicats, Air-Equipement entraînait même dans son sillage des sections plus réservées. Les conflits internes donnaient lieu à des grèves parfois dures comme celle de 1959.

                                                              
                                                                un débrayage du personnel d’Air-Equipement

Depuis le 31 Janvier 1959, Air-Equipement n’était plus réellement Air-Equipement, mais était devenue minoritaire de la puissante D.B.A où l’esprit de gestion Ducellier-Bendix présidait en haut lieu.

Air-Equipement est alors aspirée par la pieuvre Ducellier-Bendix. La D.B.A est née. La fusion avait été obtenue par le cabinet "Archibal" de Paris.
Ducellier était devenue la société « absorbante », ce qui signifiait la fin de l’indépendance sociale, puis professionnelle, d’Air-Equipement. 

A cause de ses objections, René Lacoste, homme exigeant et considéré comme un patron de combat à Air-Equipement, et particulièrement très tatillon pour les cadres supérieurs, avait déjà fait reporter cette décision.

En effet, ses réticences à la fusion étaient motivées par des raisons économico-financières faisant suite au démarrage du Marché Commun (créé en 1957 avec effet en 1959), qui ouvrait de nouvelles perspectives de monopolisation et nécessitait des capacités de production accrues.
René Lacoste quitte son poste de président de la société d’Air-Equipement puisque celle-ci se fonde dans la D.B.A (Ducellier-Bendix- Air-Equipement).


L’usine de Blois allait donc assurer une production nouvelle, en l’occurrence des pompes de relevage de tracteurs, donc une production extra-aéronautique et à des cadences infernales. 
 

Pour se faire, le hall vide de l’usine "B" désaffecté depuis 1940, s’était meublé, au début 1959, de nombreuses machines semi-automatiques installées « en chaîne », alimentées et servies par 200 personnes embauchées de fraîche date. 

                                                           
                                                                                 l’atelier principal de l’usine "B"
                                                                  (photo prise peu avant la démolition du bâtiment)


Cette nouvelle main d’œuvre était encadrée d’anciens compagnons d’Air-Equipement, professionnels qualifiés, responsables à la fois de la qualité de production et de l’objectif quantité.

Les anciens élèves de l’école professionnelle de l’entreprise, devenus hommes mûrs au plan moral et professionnel, formaient l’essentiel de l’encadrement.
Ainsi donc, au secteur aéronautique était venu s’ajouter celui des pompes hydrauliques qui devait lui survivre sous le nom de "Hydrauquip" dans les années 1975-1995.

Le désir de la direction générale fut de couper l’usine en deux : l’usine "A", située au N° 15 route de Chateaurenault, restant la créatrice du «travail noble» comme disaient les nouveaux patrons, celui de l’aérospatiale, et de l’usine "B", à 200 mètres de là, au n°37 en haut de la côte de la même route, celle du matériel agricole de grande série, avec tout le peu d’égard que la direction a pour ces produits et pour le personnel. 
                                                                  
                               15 route de Chateaurenault                                                     37 route de Chateaurenault

Forcément c’était la révolte à coup sûr de cette main d’œuvre dont l’encadrement était hautement qualifié et les "opérateurs" habitués à une condition humaine moins contraignante et bien mieux rétribuée...

A l’automne 1959, la grève éclata pour une augmentation compensatrice des salaires mis à mal par ces nouvelles formes de production et le respect des avantages acquis.

Huit cents travailleurs en grève totale durant trois semaines, ce n’est pas rien. Ce fut la grève la plus longue jamais enregistrée (hormis celle de Mai-Juin 1968). Ce conflit nécessita l’envoi d’un conciliateur parisien à la demande de Léopold Combet, directeur de l’établissement.

Mais cette grève s’est terminée avec une reprise en bloc décidée en 10 minutes par le personnel, sans un centime à la clé...

En réalité, cette grève était un premier sursaut contre la « cassure » voulue de l’usine, qui deviendra cependant effective malgré un combat retardateur de 20 années.

Il faut également noter qu’en 1959, Air-Equipement fut à l’origine de la création d’une filiale, la "société Roto-Diesel", entreprise de production de pompes à injection pour diesel, dont elle possédait au départ la moitié du capital et à qui elle a fournit ses premiers cadres.

"Roto-Diesel" est ensuite successivement devenu "Lucas-Diesel" et "Delphi".

En 1962, Air-Equipement Blois créera un complexe sportif à Vineuil, des écoles de sport pour les enfants du personnel et par le biais de son Comité d'entreprise, offrira de nombreux avantages sociaux: voyages et excursions pour les familles, mise en place d'une bibliothèque, aide aux colonies de vacances et séjours linguistiques pour les enfants. Un exemple d'innovations en la matière.


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                                                                                                VI

                     ENCHAINEMENT DE MAI 1968

                                                                                                         
              
   
        
  
                                            Mai 68 est le symbole de la contestation estudiantine

 

Le 30 Avril 1968, les affrontements entre jeunes prennent des proportions considérables au Quartier Latin, ce qui crée un enchaînement de manifestations et de répression irréversible, embrasant la rue, les universités et facultés, la Sorbonne, avec une masse de jeunes gens chaque heure plus importante, s’étendant comme un feu de paille.

Le 3 Mai, la Sorbonne pleine d’étudiants sur pieds de guerre est évacuée par la police nationale et c’est la première émeute, bientôt la première barricade et la première démonstration de force.


                                                         
                                                             On le sait, une petite étincelle peut mettre le feu
                                                                à toute la ferme, au quartier, puis au village...

Plusieurs dizaines d’entreprises phares en France signent un appel à la grève et seront finalement les locomotives ouvrières de la grève générale dans toute la France.

Ferment du bastion syndical, Air-Equipement, qui réagissait à chaque mot d’ordre national, fut l’une des toutes premières entreprises à partir en grève.

Tous les bureaux de l’usine devinrent des dortoirs, les établis devinrent les tables de repas.
Trente neuf jours de grève totale qui aboutira à une augmentation de salaire conséquente avec prime d'ancienneté, la généralisation de la mensualisation et la réduction d'une heure du temps de travail hebdomadaire (44h au lieu de 45h), reconnaissance des sections syndicales avec protection des délégués, prime de transport.
Les défilés furent nombreux en ville, et Air-Equipement-DBA à Blois fut l’une des toutes dernières usines à reprendre le travail en Juin 1968.

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                                                                                               VII 
                              LA  CHUTE
 (1969-1991)

 

Amorcé au début des années 1970, le déclin d’Air-Equipement a fait l’objet de polémiques d’autant plus rudes qu’elle oeuvrait sur un marché en pleine expansion. 
L’intégration de la société au sein de DBA, puis le rachat par Lucas n’ont pas contribué à éclaircir le débat.

                                                                       
                                                                  on distingue à droite du bâtiment directorial, l’espace
            
                                      pour la salle de bains rajouté en 1939 à la demande de Mme Waseige !

Le 31 Décembre 1971, le directeur, Léopold Combet, part à la retraite après trente années d’autorité éclairée sur l’usine de Blois.

Le « père Combet » ou le « grand Léopold » était un grand patron, un directeur d’usine à l’ancienne qui souvent commençait chacune de ses journées par un tour complet des ateliers et des bureaux. Il traitait chacun comme son égal. Une manière de respecter ses employés pour qu’il puisse l’être à son tour. Un vrai patron, quoi.

Léopold Combet s’en va après ses dix dernières années de son règne qui furent fastes pour Air-Equipement Blois.
Le « grand Léopold » parti, professionnellement l’entreprise n’eut plus d’âme.

Léopold Combet décède le 23 Août 2002 à l’âge de 93 ans.

Dans la puissante DBA, Air-Equipement n’était plus qu’un petit jeton financier n’assurant plus assez de plus-value aux yeux de ces "décideurs parisiens". L’usine était condamnée. L'usine de Blois, mal aimée croit-on deviner des hautes sphères d'Asnières, périclitera, inéluctablement. 

Deux nouveaux directeurs de crise se succèderont en quelques années et entre-temps l'une "A" sera progressivement vidée de ses hommes et de ses machines, une volonté délibérée présidera à la destruction de la tradition et de la mentalité d'Air-Equipement.

-L’un viendra uniquement pour négocier le licenciement d’un quart du personnel (160 personnes) sur une période de 18 mois, mais en vérité, ce sera une longue hémorragie de 350 personnes. 
-L’autre directeur remplacera le précédent, mais bien plus passionné par les Tableaux de Buffet, de Ciry, de Picasso, et par les œuvres d’art, il se satisfera à expédier les affaires courantes plus qu’autre chose, il accompagnera ainsi passivement l’entreprise blésoise vers sa triste destinée et l’« artiste » quittera lui aussi l’usine à la même date que celle fixée pour le départ des personnes licenciées. Seul point commun.

En 1976, la direction qui se veut rassurante procède malgré-tout à des mutations sur Angers dans une usine du groupe et dans le même temps le service des Méthodes d'Air-Equipement Blois est démantelé.
En 1978, c’est la liquidation partielle de l’entreprise (350 licenciements) et la mobilisation fut alors à son comble.

En 1979, Air-Equipement devient Bendix-Air-Equipement avec comme projet la fermeture de l'aéronautique à Blois, soit 280 licenciements.
  
En 1979, suivront 158 autres licenciements. Pendant plusieurs mois, se succédèrent les blocages de trains en gare de Blois, les séquestrations de directeurs, les manifestations publiques jusqu’au grand défilé du 1er mars qui vit plusieurs milliers de personnes traverser le centre-ville où les commerçants -fait exceptionnel-  avaient baissé le rideau. 
Le 22 Septembre 1979, lors d'une manifestation à l'intérieur de l'enceinte de l'usine, près de 300 CRS expulsent les licenciés et ceux qui les soutiennent. L'esprit de compagnonnage fait d'amitié et de solidarité est en quelque sorte liquidé manu militari.

Les derniers soubresauts de l'entreprise...
En 1983, l'unité "Automobiles" quitte le groupe Bendix-Air-Equipement et devient "Hydrauquip", puis "Enerflux".
En 1986, Rachat de Bendix-Air-Equipement par Thomson sous le nom de Bronzavia-Air-Equipement.
En 1989 Thomson vend à Lucas-Aerospace sous le nom de Lucas-Air-Equipement.
Comme on le constate, en dix années, l'entreprise a changé plusieurs fois de nom, mais jamais de métier, ni d'adresse...

En 1991 l'usine Lucas-Air-Equipement ferme définitivement ses portes, et les salariés seront finalement dispersés par la fermeture de l'établissement blésois.
L'entreprise sera rachetée en 1993 par Philip Styles, Directeur de Lucas-Air-Equipement, qui reprend l'usine sous le nom de Gearbox. Peu après les bâtiments seront fermés et voués à la démolition.
A l'origine des activités, la société DBA-AIR-EQUIPEMENT exploitait un très grand site industriel composé de 4 usines dites A, B, C, D (à l'heure actuelle, seul le bâtiment de l'usine D subsiste).
Compte-tenu d'une réorientation du projet de réhabilitation globale de ce site, les services de la Ville de BLOIS vont produire  un nouveau shéma d'aménagement de ce secteur de Blois.


Emotion par les photos...   

                                                       

                                                                 les derniers clichés du "Village-usine A"                                     
                     
                                                 le bâtiment administratif et de la direction, peu avant sa démolition


                                        
                                                   Le service du bureau d'Etudes "les Méthodes", situé au 1er étage
                                                            du bâtiment administratif a été démantelé en 1976.
                                                      

                               AIR-EQUIPEMENT hier...                                          ... et ce qu'il en reste aujourd'hui.
                    ====>>
                                 Aujourd'hui "les anciens" d'Air-Equipement passent, le coeur déchiré, devant le terrain vague 
                                                             où se dressaient le bâtiment administratif et l'usine A

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                                                                                             VIII
                          AIR-EQUIPEMENT BLOIS 
                                       Le Clap final

                       

Pendant 58 années, Air-Equipement fut une belle entreprise blésoise pépinière de talents, et les salariés ont beaucoup œuvré pour atteindre cet idéal professionnel.

Dans cette entreprise, chacun avait l’esprit de solidarité et de fraternité, chacun avait son expérience professionnelle pour satisfaire la notoriété suprême d’Air-Equipement Blois, et c’est cette diversité qui faisait la richesse et cette unité morale qui fut si longtemps exemplaire dans le paysage du blaisois, et il est bien difficile aujourd’hui de vivre la destruction des dernières structures...

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                                                 les derniers clichés du "Village-usine B"  
                                                             Novembre 2008: l'usine B juste avant sa démolition
             

        
                         Décembre 2008: l'usine B est rasée et tout est déblayé à une vitesse record...
La société “HPI Groupe Koyo” (conception, fabrication et distribution de pièces mécaniques et d'ensembles hydrauliques) était ici devenue exploitante du site composé des usines B et C. Le terrain correspondant couvre une surface de 14000m² et cette société a été la dernière à exploiter les installations du site jusqu'au 31/01/2001, date à laquelle elle a transféré ses activités sur un nouveau site à Blois.


                                                les derniers clichés du "Village-usine C" 
                             l'usine B à gauche et à droite l'usine C                                    l'usine C
                 
        L'usine "C" était l'atelier réservé aux travaux de fine qualité, aux bobinages, aux câblages,
                    à la métrologie, et abritait la "SIAR", bureau pour les services de contrôles militaires.

                              
                                     Novembre 2008: le bâtiment de l'Usine "C" vient d'être démoli et laisse place nette.  


                                          Les "survivants" : les deux bâtiments (ci-dessous) existent toujours !                  
                                                       
                 L'Usine "D", au fond en contre-bas du terrain,                                De l'autre côté de l'usine B
              était l'atelier réservé à l'outillage et aux prototypes            ce bâtiment, transformé maintenant en logements,
            avec un bâtiment y attenant pour le service Réception                abritait le Comité d'entreprise et la cantine.
                                           (ohoto ci-dessus)


   
"C'est du passé tout ceci, une page de l'histoire industrielle blésoise est maintenant tournée..."    


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                                                  IX  
                                 SOUVENONS-NOUS 

           

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                                                  X
                                            "Bye-Bye"
                             AIR-EQUIPEMENT Blois !

Pour que son Histoire soit portée dans l'Histoire des mots et ancrée dans notre souvenir,
P
our ne pas oublier cette page de l'Histoire blésoise,
P
our garder la mémoire de ce symbole que fut cette belle entreprise,

Puisse ce Blog être d'abord dédié à mon grand-père René BANCHEREAU, sans qui peut-être trois générations de ma famille n'auraient jamais connu cette entreprise, et puisse ce site apporter un cordial hommage  à tous ceux qui ont travaillé à AIR-EQUIPEMENT Blois que nous gardons dans notre cœur,
un peu, beaucoup, passionnément, à la folie...

                                                                                       
        Gérard BANCHEREAU

    1ère Génération à A.E: René Banchereau de 1943 à 1944 / †19.06.1944-tombé sous les bombes à Blois. «Souvenir Français»
     2ème Génération à A.E: Pierre et Jean Banchereau et son épouse Muguette
     3ème Génération à A.E: Gérard Banchereau


                                1942            48 années séparent ces deux photos...               1990
                                                  
                                René BANCHEREAU et son petit-fils Gérard BANCHEREAU
                                                     tous deux passionnés des chevaux

 
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                                                                    © 2009- Gérard Banchereau - France-  
                                                                     Tous droits réservés pour tous pays
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                                                       Ouvrages ayant aidé à l'élaboration de ce blog                                                      
              
  Raymond Casas       Raymond Casas          Raymond Casas    Raymond Casas     Gérard Banchereau
           1964                       1982                                1998                       1993                               2004
                                                                                                                                                                                                   
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Par Gérard BANCHEREAU - Publié dans : Economie
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